Affaire François-Xavier Roth – Mettre fin à l’impunité des auteurs de violences sexistes ou sexuelles, préserver les droits des victimes et de l’ensemble des musiciens et musiciennes

 Publié le : 24 Mai 2024  

Communiqué
Affaire François-Xavier Roth
Mettre fin à l’impunité des auteurs de violences sexistes ou sexuelles,
préserver les droits des victimes et de l’ensemble des musiciens et musiciennes

La presse (le Canard enchaîné du 22 mai) se fait l’écho d’agissements coupables de la part du chef d’orchestre François-Xavier Roth en évoquant des actes et comportements que la loi assimile à des violences sexuelles. Ce n’est malheureusement pas la première fois que le secteur musical est confronté à ces situations qui sont longtemps restées tues, et qui, même lorsqu’elles sont dénoncées, restent souvent impunies.

Précisons d’abord que la gravité des faits révélés appelle l’ouverture d’une enquête pénale.

Ensuite, nous voulons exprimer notre solidarité avec les victimes et saluer le courage de celles qui ont osé parler. Même si, très souvent, la précarité des emplois est un frein à la libération de la parole, nous ne pouvons qu’encourager toutes les personnes victimes ou témoins à parler, s’organiser et, si elles le souhaitent nous contacter pour un accompagnement syndical. Le mouvement Meeto du secteur culturel trouve ici sa première manifestation dans un des ensembles musicaux français dit «spécialisés» ou «indépendants» (dans lesquels l’emploi des artistes se caractérise par la succession de Contrats à Durée Déterminée) .

Nous voulons aussi rappeler que, depuis quelques années, les représentants du secteur ont posé des actes :

En 2022, nous avons négocié dans le cadre de la convention collective des Entreprises Artistiques et Culturelles applicable aux Siècles un accord intitulé «Prévention et sanctions des violences sexuelles et des agissements sexistes au travail». Ce texte indique comment, face à des informations comme celles diffusées par la presse aujourd’hui, l’entreprise doit organiser une enquête, rechercher à entendre notamment toutes les victimes potentielles et prendre les sanctions disciplinaires comme la loi le prévoit.

En 2020, le Centre National de la Musique avait été le cadre de l’élaboration d’un «Protocole contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles». Celui-ci prévoit notamment le conditionnement des aides à la prise de sanctions face à de tels agissements.

Ces textes doivent s’appliquer pleinement dans la situation présente.

Enfin, nous voulons exprimer notre soutien à tous les personnels des Siècles dont les emplois, fussent-ils pour certains et certaines comme intermittents et intermittentes du spectacle, ne sauraient être affectés par la situation.

Les musiciens et musiciennes qui, pour certains et certaines depuis de longues années, sont la chair et le son de cet orchestre de réputation mondiale doivent pouvoir continuer à exercer leur art avec le soutien de toutes les collectivités et de l’Etat qui les missionnent pour cela. Rappelons-le, aux Siècles, les musiciens et musiciennes sont associés aux choix artistiques de leur ensemble. Ayant déjà fait la preuve de leur autonomie en la matière, ils et elles sont les mieux placés pour, en lien avec l’ensemble de l’équipe permanente de la structure, décider de l’avenir de leur orchestre.

Le 24 mai 2024

Contact presse :
Philippe Gautier – 06 76 79 53 15
philippe.gautier@snam-cgt.org

En PDF

Si vous êtes associé·e de l’ADAMI, l’organisme de gestion collective des droits voisins des artistes interprètes fondé en 1955 à l’initiative du SFA, vous avez reçu le matériel de vote nécessaire pour participer à l’élection d’un tiers du Conseil d’administration, qui se déroule du 17 mai au 17 juin, date de l’assemblée générale annuelle.

Plus que jamais la participation des artistes à la vie de leur société est essentielle pour son dynamisme, sa stabilité et sa bonne santé. L’énergie, l’imagination et l’implication de chaque élu·e sera un élément important pour assurer l’énergie nécessaire au développement de l’ADAMI.

Notre organisme de gestion a un rôle crucial à jouer dans la conquête de nouveaux droits et de protections face aux évolutions technologiques et sociétales que nous vivons.

Ces dernières années le SFA et le SNAM ont été forces de propositions et de négociation dans la lutte contre les violences et harcèlement sexistes et sexuels, la protection des enfants interprètes et la modernisation de certaines de nos conventions collectives. Ils ont réussi à faire revaloriser les salaires (certes pas assez, mais tout de même !) et les droits des artistes dans plusieurs secteurs. Ils ont démarré les discussions avec les employeurs dans des secteurs importants comme les livres audio ou les jeux vidéo, en vue de l’élaboration de textes conventionnels. En même temps, d’autres chantiers cruciaux persistent, et nos syndicats, malgré leurs compétences reconnues et l’énergie déployée, n’ont pas encore réussi à pousser nos interlocuteurs à accepter les revendications légitimes qu’ils défendent pour l’intérêt des artistes interprètes.

C’est dans ces cas que la synergie entre les efforts des syndicats et ceux de l’ADAMI est particulièrement utile, et pourrait toujours être renforcée.

  • Pour agir ensemble afin de gagner de meilleurs ou de nouveaux droits pour les artistes, notamment auprès des plateformes de mise à disposition de contenu audiovisuel ou des producteurs du cinéma, mais aussi dans les livres audio, les jeux vidéos ou la publicité
  • Pour s’assurer du respect des droits acquis, par exemple dans la production phonographique, que ce soit auprès des « labels », des plateformes ou des entreprises de spectacle vivant
  • Pour lutter contre le vol des voix, des images et des personnalités des artistes interprètes par les moteurs et les applications d’intelligence artificielle
  • Pour traiter les masses croissantes de données que l’exploitation du travail des artistes génère

Nous avons besoin que l’ADAMI se renforce rapidement dans les années et même les mois qui arrivent.

Pour cela, le SFA et le SNAM pensent qu’il doit étoffer ses capacités juridiques et informatiques, et en même temps renforcer ses liens avec d’autres OGC, notamment ceux gérant des droits voisins, pour mutualiser autant que possible les outils, tout en réaffirmant l’identité de l’ADAMI comme un organisme de gestion collective géré par les artistes interprètes pour les artistes interprètes.

Le maintien et même l’amélioration des droits issus de la copie privée et de la rémunération équitable sont des garants des moyens de fonctionnement de l’ADAMI mais également des éléments essentiels pour poursuivre et développer sa politique d’aide aux artistes interprètes, que ce soit pour leur formation, pour la création de leurs spectacles ou enregistrements ou pour les assister à traverser des moments difficiles.  Le Conseil d’administration de l’ADAMI doit conserver le contrôle de ces fonds.

Les artistes interprètes pour qui le SFA et le SNAM vous conseillent de voter, qu’ils et elles soient « sortant·es » ou non, sont d’accord avec ces orientations. Elles et ils s’engagent à travailler ensemble avec les membres du Conseil d’administration en exercice, dont la majorité  est issue, grâce à vous, de nos syndicats, pour consacrer leur énergie au développement d’un organisme de gestion collective indépendant, moderne et efficace, géré par les artistes pour les artistes.

Voici la liste des artistes dont le SFA et le SNAM soutiennent la candidature. N’oubliez pas que vous pouvez voter pour les candidats dans chaque collège, que vous pratiquiez ou non cette discipline artistique. Nous vous demandons de bien voter pour toutes et tous les candidat·es ci-dessous. Cette liste est cohérente et peut renforcer encore plus la cohésion du Conseil d’administration de l’ADAMI, dans l’intérêt de toutes et tous les artistes interprètes.

 

Artistes dramatiques

Massimo RIGGI

Jean-Paul BORDENAVE-BORDES

Pierre FOREST

Sam KARMANN

Artistes de variétés/jazz/musiques actuelles

Leslie BOURDIN

Jessie CHATON

Musicienne classique

Karine CROCQUENOY

Artiste lyrique

Thomas DOLIÉ


L’Artiste Enseignant n° 89

 Publié le : 2 Mai 2024  

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