Le programme « Pairing Program of Support » de la FIM est un succès

 Publié le : 23 Mar 2023  

Téléchargez le rapport final du projet.

Le projet intitulé Strengthening the representation of professional musicians in national and European social dialogue: a pairing programme of support (Renforcement de la représentation des musicien·nes professionnel·les dans le dialogue social national et européen : un programme de jumelage et de soutien » financé par l’Union européenne a été mis en œuvre par la Fédération internationale des musicien·nes (FIM) de juin 2021 à janvier 2023. Le projet a impliqué des partenaires de dix pays : la Bulgarie, Chypre, la Finlande, la France, l’Allemagne, la Pologne, la Roumanie, la Serbie, la Slovénie et le Royaume-Uni.

L’objectif principal du projet était de renforcer la représentation des musicien·nes professionnel·les dans la négociation collective et le dialogue social aux niveaux national et européen. Le projet a commencé par créer un environnement propice à une auto-réflexion structurée des syndicats participants sur leurs forces et faiblesses, ainsi que sur les opportunités et menaces émergentes. Cette analyse SWOT (ou AFOM : Atouts, Faiblesses, Opportunités, Menaces) initiale a formé la base sur laquelle les partenaires du projet ont conçu un plan de travail de mentorat.

La deuxième étape (et le cœur) du projet a consisté en un travail de mentorat développé à travers des paires mentor-mentoré. Des syndicats bien organisés et expérimentés avec une pratique de négociation collective de longue date ont participé en tant que mentors (Finlande, France, Allemagne, Royaume-Uni). Des syndicats moins expérimentés ou ayant une tradition limitée de négociation collective et de dialogue social ont participé en tant que mentorés (Bulgarie, Chypre, Pologne, Roumanie, Serbie, Slovénie).

Malgré l’impact négatif de la pandémie, l’approche s’est avérée bien adaptée pour répondre aux besoins des syndicats mentorés, en particulier dans les trois principaux domaines thématiques du projet : la gouvernance syndicale, la syndicalisation et la gestion des adhérent·es, et la négociation d’accords collectifs. En plus de ces sujets – qui restent d’une importance primordiale pour les syndicats de musicien·nes – l’impact de la pandémie sur les musicien·nes indépendants (freelance) a mis en évidence un manque de protection sociale adéquate et la nécessité d’un meilleur accès au dialogue social.

Les syndicats mentorés ont reçu un soutien et des conseils sur la gouvernance syndicale et les standards de négociation collective, ce qui contribuera à améliorer leurs compétences en matière de gestion et leur rôle de partenaires sociaux. Les contextes dans lequel opèrent les syndicats de musicien·nes sont divers. Ils dépendent de la taille du pays et des caractéristiques du secteur musical national. Ils sont également soumis à des facteurs culturels et historiques, tels que la force du mouvement syndical dans un pays donné. Malgré ces différences, le projet a démontré sa valeur grâce à un dialogue réussi entre les syndicats jumelés, à l’analyse conjointe des défis communs et à la définition de stratégies adéquates pour résoudre les faiblesses.

Les commentaires des participant·es montrent un fort désir de poursuivre et d’approfondir les relations de mentorat avec des projets ultérieurs.

Les femmes n’ont toujours pas leur place sur les scènes musicales en France.

Ça ne peut plus durer !

Cinq ans après la publication de notre première enquête sur le sujet, nous dévoilons aujourd’hui une nouvelle enquête sur l’égalité Femme/Homme dans le secteur de la musique

Les résultats

Les témoignages

L’analyse du SNAM-CGT

Les constats chiffrés sur la place des musiciennes dans le secteur de la musique restent accablants en 2023. Les assises de l’égalité du Centre National de la Musique du 9 février dernier décrivaient un tableau chiffré dramatique pour le secteur. Pour ne citer qu’un chiffre : seulement 14% de musiciennes sont présentes sur les scènes des festivals français. (étude CNM) Notre enquête montre que le sexisme ou la maternité restent des facteurs d’exclusion importants.

Depuis 2018, nous observons surtout une évolution des mentalités. Une prise de conscience des musiciens et des musiciennes s’est opérée que ce soit sur le sujet des violences ou des conditions de travail. Ce cadre de travail trop souvent toxique pour le métier de musicienne est aujourd’hui reconnu, dénoncé et parfois combattu, mais pas suffisamment pour changer les comportements en profondeur.

On observe une quasi-unanimité en faveur des politiques menées pour promouvoir l’égalité Femmes/ Hommes dans le secteur de la musique. Afin de voir plus de femmes sur les scènes françaises, nous avons besoin de mesures fortes et d’objectifs chiffrés. L’égaconditionnalité des aides versées est un des objectifs prioritaires. En effet, l’argent public doit contribuer à l’emploi des femmes comme des hommes.

Nous nous mobilisons sur les objectifs suivants :

  • Le renforcement des mesures de prévention et répression des agissements sexistes et des violences sexuelles
  • La révision des décrets et arrêtés du ministère de la culture sur les aides aux équipes artistiques avec l’introduction de conditions impératives sur l’emploi.
  • L’ établissement d’un indice égalité en termes d’emploi et en termes de rémunération pour les entreprises du secteur musical (confié au CNM).
  • Ouverture de discussions avec le CNM, les Collectivités Territoriales, les Organismes de Gestion Collective et le Gip-Cafés-Cultures sur la modulation des aides en fonction de l’emploi et des rémunérations versées aux hommes et aux femmes.