Nous appelons les artistes interprètes ou enseignant∙es de la musique à se mobiliser partout en France durant la quinzaine du 17 au 28 octobre.
Depuis des années, nos salaires stagnent ou reculent en raison de l’inflation. Aujourd’hui le sous-financement des structures musicales de spectacle ou d’enseignement accentue le phénomène en ayant désormais des conséquences de plus en plus larges et dramatiques.
Le ministère de la culture ne compense même pas l’inflation dans son budget 2023. Certaines collectivités font de même lorsqu’elles ne baissent pas carrément les subventions comme c’est déjà le cas des régions Grand-Est ou Auvergne-Rhône-Alpes.
Les structures elles-mêmes sont amenées à faire des choix : stagnation des salaires, annulations de concerts dans les salles qui font face à l’explosion des dépenses d’énergie, baisse des effectifs artistiques dans les orchestres au mépris des nomenclatures prévues par les compositeurs·rices. Certaines structures vont jusqu’à fermer leurs portes à l’instar de plusieurs écoles de musiques ces derniers mois.
Si c’est une crise des salaires et de l’emploi pour les artistes, c’est aussi une crise du service public de la culture pour nos concitoyen∙es à qui moins de concerts ou moins de cours de musique sont proposés. Et cela touche toutes les esthétiques, qu’il s’agisse des musiques savantes et classique ou au contraire des esthétiques musicales les plus actuelles.
Parallèlement le gouvernement porte devant le parlement un projet de réforme des retraites et d’allongement des carrières parfaitement incompatible avec les conditions physiques d’exercice de nos métiers (sans parler du recul social qu’elle représente pour l’ensemble de la population).
Enfin, les artistes intermittent∙es du spectacle comme l’ensemble des autres personnes en situation de précarité ont tout à craindre de la réforme de l’assurance chômage actuellement en discussion.
Mobilisons-nous toutes et tous pour :
– Le refinancement de toutes les structures culturelles (ensembles musicaux, opéras, conservatoires, festivals, scènes de musiques actuelles…) en intégrant les effets de l’inflation, notamment sur l’énergie ;
– La ré-évaluation de tous les salaires et traitements des artistes interprètes ou enseignant∙es de la musique sur la base de l’inflation réelle ;
– Le refinancement des fonds pour l’emploi « FONPEPS » (Petites salles, Tournées, Gip Cafés-Culture, Phono…) ;
– L’abandon des réformes des retraites et de l’assurance chômage avec le maintien des annexes VIII et X des intermittent∙es du spectacle ;
– La revalorisation des carrières des enseignant∙es artistiques dont le passage en catégorie A de tous∙tes les ATEA (Assistant∙es Territoriaux d’Enseignement Artistique) et MI (Musicien∙nes Intervenant∙es).
Télécharger ici ce communiqué, par exemple pour l’afficher sur votre lieu de répétition, de spectacle ou votre conservatoire.  La liste des revendications ci-dessus est aussi disponible.  Nous vous proposons également une adresse au public à lire avant vos représentations.

– Le refinancement de toutes les structures culturelles (ensembles musicaux, opéras, conservatoires, festivals, scènes de musiques actuelles…) en intégrant les effets de l’inflation, notamment sur l’énergie

– La ré-évaluation de tous les salaires et traitements des artistes interprètes ou enseignant·es de la musique sur la base de l’inflation réelle

– Le refinancement des fonds pour l’emploi « FONPEPS » (Petites salles, Tournées, Gip Cafés-Culture, Phono…)

– L’abandon des réformes des retraites et de l’assurance chômage avec le maintien des annexes VIII et X des intermittent·es du spectacle 

– La revalorisation des carrières des enseignants artistiques dont le passage en catégorie A de tout·es les ATEA (Assistant·es Territoriaux d’Enseignement Artistique) et MI (Musicien·nes Intervenant·es)

 

Le 12 octobre 2022


Si vous souhaitez sensibiliser votre public à l’occasion de vos concerts, nous mettons à votre disposition le texte ci-dessous que vous pouvez utiliser tel quel ou modifier comme vous le souhaitez.

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Mesdames, Messieurs, cher·es spectatrices et spectateurs,

C’est la crise.

La crise du pouvoir d’achat, la crise de l’énergie, la crise des dépenses qui explosent.

Cette crise n’épargne pas le secteur culturel. Elle n’épargne pas non plus les artistes de la musique.

Comme le prix de l’énergie et de beaucoup de fournitures flambe, les salles de concert cherchent à réduire leurs dépenses et certaines en finissent par annuler des concerts. Et pour beaucoup de musiciens et de musiciennes, ce sont des contrats en moins. Des revenus en moins. Des rencontres avec le public en moins.

Pour celles et ceux qui travaillent, le niveau de vie stagne. Parce qu’alors que tout augmente, on refuse d’augmenter nos salaires. Comme les vôtres peut-être.

Comme si cela ne suffisait pas on nous dit qu’il faudra travailler jusqu’à 65 ans, comme si nos doigts, nos poignets ou notre dos nous permettaient de travailler jusqu’à cet âge. Comme les vôtres peut-être.

Et pour celles et ceux d’entre nous qui perçoivent des droit au chômage en tant qu’intermittents ou intermittentes du spectacle, on parle maintenant de réduire leurs revenus, comme à l’ensemble des chômeurs et des chômeuses me direz-vous. Comme à vous peut-être.

Alors, à l’appel de notre syndicat, l’Union des Syndicats d’Artistes interprètes et enseignants de la musique, le SNAM-CGT, nous nous adressons à vous aujourd’hui pour vous faire comprendre que le secteur musical se porte mal, que les artistes sont très inquiets et que, si ça continue comme ça, ils n’arriveront peut-être bientôt plus à boucler leurs fin de mois. Comme vous peut-être.

Bonne soirée. Bon concert.


Note sur la situation sociale des artistes interprètes et enseignants de la musique – octobre 2022

 Publié le : 11 Oct 2022  

– 1 – Hausse des prix et stagnation des salaires

L’inflation et la stagnation des salaires aboutit à une baisse de nos revenus qui est insupportable.

Les NAO (négociations annuelles obligatoires) dans les branches progessionnelles n’aboutissent qu’à de très faibles augmentations de salaires. De la même manière la revalorisation – très tardive – du point d’indice des agents publics des ensembles de droit publics ou des conservatoires ne compense pas la hausse des prix.

– 2 – Sous-finanement des structures culturelles

L’augmentation des coûts de l’énergie et l’inflation viennent très violemment grèver les budgets des villes, des départements, et des régions. Plusieurs ont déjà décidé de prendre sur les budgets «  culture » pour faire face à ces dépenses nouvelles. Parallèlement, le budget 2023 du ministère de la culture qui vient d’être rendu public ne compense pas du tout l’inflation de 7 % par rapport au budget 2022. Ce recul en euros constants du budget du ministère touche aussi bien les ensembles musicaux de tous types ou les maisons d’opéra, les aides aux scènes de musiques actuelles ou le soutien aux équipes artistiques, mais aussi les – faibles – aides aux conservatoires. Les structures culturelles, qu’elles aient une activité de spectacle ou d’enseignement musical, doivent elles-mêmes faire face à la hausse des prix, notamment de l’énergie et annulent des recrutements ou des spectacles pour ne pas creuser leurs déficits. L’emploi artistique et nos salaires sont les premières victimes de ces décisions. On s’attend à un nombre considérable de concerts annulés à cause de cette situation, que ce soit dans le Service Public ou dans le secteur privé et associatif.

– 3 – Paupérisation des artistes enseignant.es

Plus de 4 ans après le rapport unanime du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale sur l’enseignement artistique spécialisé, aucune de ses préconnisations n’est suivi d’effet. La profession d’enseignant de la musique et de la danse s’est paupérisée au fil des années. Parallèlement l’explosion du nombre de contrat à durée déterminée ou à temps partiel a terminé de faire de ce secteur un secteur sinistré. Pourtant, parallèlement, le niveau d’étude requis pour accèder à un poste par concours n’a cessé d’augmenter, aboutissant à créer une population de vistuoses smicards. Ce phénomène observé dans les conservatoires publics existe aussi dans le secteur associatif dans lequel les salaires sont encore plus bas.

– 4 – Réforme des retraites contre l’avis de toutes les confédérations syndicales

La réforme des retraites est annoncée pour cet hiver avec une application dès l’été 2023. Pour les professions que nous représentons, vu l’engagement physique requis pour garder la maitrise de son art, un report de la date de départ à la retraite serait une catastrophe. Par ailleurs il s’agit d’une réforme injuste qui pénalisera les travailleurs les plus précaires, les professions les plus pénibles et qui aboutira à une paupérisation de toute une tranche d’age. Pour mémoire, l’ensemble des centrales syndicales de salariés se sont positionnées en opposition à ce projet de réforme.

– 5 – Attaque contre le régime d’assurance chômage

La réforme du régime général de l’assurance chômage a débuté à l’Assemblée Nationale. Elle durcira encore un peu les conditions d’ouverture de droits pour l’ensemble des salarié·es, qui plus est avec une logique territoriale très contestable. Les intermittents du spectacle, le gouvernement l’a déjà annoncé, ne pourrons pas maintenir des conditions d’ouverture de droits trop éloignées du régime général. Nous avons donc fort à perdre, d’autant plus que la 1ère ministre a déjà déclaré vouloir considérer les annexes VIII et X non plus comme une assurance chômage mais comme une subvention au secteur culturel. Une telle bascule porte en elle la fameuse «  caisse autonome » que le MEDEF veut mettre en place depuis des années. Elle serait vite une catastrophe sociale pour nous tout·es.

Communiqué commun de l’ADAMI, du SFA-CGT, du SNAM-CGT, du SN3M-FO et du SNACOPAV-CGC du 3 octobre 2022

 

La question du financement du Centre national de la musique mobilise la filière musicale depuis plusieurs semaines. Toutes les organisations s’accordent sur la nécessité de doter le CNM d’un financement à la hauteur de son ambition. La promesse d’un centre national de la musique, enfin tenue en 2019, doit désormais s’adosser à un financement pérenne et équilibré entre spectacle vivant et musique enregistrée.

Les organisations d’artistes-interprètes signataires rejoignent l’ensemble de leurs partenaires sur la demande d’un financement du CNM au moyen d’une contribution des grands acteurs du numérique. Pour autant, une telle ambition, quelle que soit la méthode retenue, progressera davantage avec une parfaite union des producteurs, auteurs et artistes-interprètes.

Nous en appelons donc à la concertation urgente de la filière musicale et des pouvoirs publics pour aboutir à un consensus sur les moyens d’y parvenir.

A la table de cette concertation, nos organisations entendent agir en responsabilité. Le contexte économique exceptionnel (crise du pouvoir d’achat, inflation historique, finances publiques en déficit…) ne peut être occulté et doit être pris en compte dans le choix de la solution à retenir. La question est moins de savoir quelle est la meilleure option que celle la plus soutenable au regard du contexte.

L’objectivation des propositions est également un préalable indispensable à toute décision. Cette objectivation est autant l’affaire de la filière que de l’Etat si celui-ci entend bel et bien garantir à l’établissement qu’il a créé les moyens en phase avec son ambition. Nous attendons un message clair en ce sens.

La concertation que nous appelons à ouvrir rapidement est le seul moyen d’aboutir à une solution solide pour le financement du CNM. L’accord de « Garantie de rémunération minimale », signé en mai 2022, a démontré les vertus du dialogue entre professionnels et pouvoirs publics dans la recherche de compromis au bénéfice de l’intérêt général.

Ce capital acquis doit nous servir pour aboutir à ce qui, rappelons-le, est partagé unanimement : le financement équilibré de nos créations musicales dans toute leur diversité et la préservation de la souveraineté culturelle de notre pays et de l’Europe.