L’Artiste Enseignant n° 78

 Publié le : 28 Sep 2021  

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Le ministère de la Culture communique aujourd’hui ( lire ici ) sur la mise en place d’une des mesures de soutien à l’emploi dans le secteur du spectacle dit  » occasionnel  » qui avait été initialement annoncé à l’occasion du Conseil National des Professions du Spectacle (CNPS) présidé par Roselyne Bachelot et Elysabeth Borne le 11 mai (lire ici).

La concrétisation de l’engagement du printemps d’  » accompagner la réouverture des salles et de permettre aux artistes et au public de se retrouver à nouveau  » avec une mesure de soutien à l’emploi artistique arrive bien tard. La saison est bel et bien finie et l’annonce d’aujourd’hui ne permettra pas de dynamiser l’activité des très nombreux musiciens et musiciennes qui sont restés au chômage durant les mois d’été. Mais, déjà, la publication bien trop tardive à la mi-aout des décrets FONPEPS censés soutenir l’emploi dans les petits lieux ou en tournée montrait la légèreté avec laquelle la ministre de la culture concrétise les promesses faites aux artistes et aux techniciens mobilisés en masse au printemps dernier.

Au mieux ces mesures constitueront donc une divine surprise pour les organisateurs de spectacles qui ont organisé des manifestations cet été.

Alors que la reprise de cet été n’aura été que très partielle et que la mesure de prolongation de l’année blanche de 4 mois seulement jusqu’à la fin décembre de cette année ne sauvera pas tous les intermittents du spectacle, nous réclamons plus que jamais un véritable plan de soutien à l’emploi artistique.

Le secteur du spectacle occasionnel est un vivier d’emploi important pour les artistes musiciens et musiciennes et, en zone rurale par exemple, que ce soit par le biais des cafés-cultures ou des festivités organisées par le monde associatif, il constitue la majeure partie de l’offre de spectacle vivant musical sur certains territoires. A l’heure où le ministère de la culture se prévaut d’un ambitieux budget 2022, le soutien financier de l’Etat à son développement est un impératif social et culturel.

Paris, le 24 septembre 2021.


En cette rentrée de septembre 2021, en plus de la Covid-19 qui perdure, des gestes barrières à conserver, voilà un nouveau venu, le pass sanitaire.

Mis en place par le gouvernement pour limiter les risques de diffusion épidémique, pour minimiser la probabilité de contamination dans des situations à risque, et donc la pression sur le système de soins, tout en permettant de maintenir ouvertes certaines activités ou lieux en complément des protocoles sanitaires propres à chaque secteur, ce nouvel objet social s’installe dans l’environnement professionnel des enseignants artistiques avec son lot d’incertitudes et d’inégalités.

Comment l’appliquer précisément dans les conservatoires ? Quels publics sont concernés ? Quels enseignants et/ou enseignements sont impactés ? Une nouvelle fois, c’est la cacophonie. Les textes officiels sont particulièrement complexes, à la limite de l’illisible. Les autorités territoriales redoublent d’interprétations diverses et variées. Ici on ouvre sans, là on l’exige uniquement aux auditions, ailleurs il sera demandé à tous les élèves majeurs et donc à leurs enseignants. A quelques jours de la rentrée, où toutes les équipes s’organisent, rien n’est calé. Et plutôt que d’organiser la chasse au virus, c’est souvent la chasse aux salariés non vaccinés qui s’instaure.

Il semblerait que les écoles associatives soient traitées différemment que le secteur public et que le fameux pass y soit obligatoire quelles que soient les situations. Les Présidents des associations concernées, responsables aussi de la situation sanitaire de leurs structures, redoublent de prudence. L’enseignement artistique et ses professionnels avaient-ils besoin de cette rupture d’égalité de traitement ? Certainement pas et cette discrimination est inacceptable. Le virus ferait-il la différence entre un cours de musique donné dans un conservatoire public ou dans une école associative ?

Il est de notre rôle d’aider les artistes enseignants dans cette confusion généralisée qui fragilise les salariés à tous points de vue. Nous renvoyons vers notre document juridique régulièrement mis à jour : https://copie.snam-cgt.org/memo-passe-sanitaire/. Nos syndicats dans toutes les régions sont disponibles pour agir lorsque des Directions outrepassent leurs droits.

Pendant ce temps-là, les emplois publics statutaires reculent, le point d’indice reste bloqué depuis des années, le service public en général continue de se dégrader, conséquence directe de la loi sur la transformation de la fonction publique. Ne nous laissons pas berner par ce nouvel os à ronger. Nous n’avons aucun avantage à tirer des divisions sur la vaccination, sur le pass sanitaire, sur le secteur professionnel public ou privé.

La CGT s’est exprimée en faveur d’une généralisation de la vaccination en France et dans le monde pour lutter contre la pandémie. Elle s’oppose à ce que les personnes dépourvues de pass sanitaire soient sanctionnées au niveau de leurs contrats de travail ou de leurs salaires et soutiendra les salariés concernés.

Paris, le 2 septembre 2021

LE COMMUNIQUE EN PDF ICI