Concert symphonique en soutien à l’Odéon occupé

 Publié le : 26 Mar 2021  

Un orchestre s’est constitué pour soutenir les occupants et occupantes de l’Odéon et des 90 lieux de spectacle occupés à travers tout le pays.
Il est composé de musiciens et de musiciennes de différentes formations permanentes (Opéra National de Paris, Orchestre de Paris, Orchestre National d’Ile de France, National de France, Philharmonique de Radio-France… ), d’intermittents et d’intermittentes issus de différents ensembles spécialisés et d’élèves du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.
Tous ces artistes donneront un concert sur la place du théâtre de l’Odéon ce samedi 27 mars entre 14H et 14H30.
Ce concert est une manifestation revendicative déclarée en tant que telle auprès de la Préfecture. Celles et ceux qui voudront soutenir les occupants et cette forme de manifestation pourront se réunir sur la place dans le respect des règles de distanciation et des gestes barrières.
La surdité du gouvernement aux problèmes du monde culturel, à la crise que vivent les artistes et à la situation des travailleurs précaires ne peut plus durer.
Les revendications du mouvement restent les mêmes :
– Prolongation de l’année blanche des intermittents du spectacle et élargissement aux autres catégories de travailleurs précaires de la culture, du tourisme et de la restauration
– Accès à tous les droits sociaux dont les congés maternité et les arrêts maladie dont restent privés un nombre important d’intermittents
– Abandon de la réforme de l’assurance chômage
– Financement d’un plan de soutien à l’emploi des artistes pour une reprise de leur activité le plus rapidement possible
Paris, le 26 mars 2021

Les enseignants artistiques, outre la pandémie Covid19, subissent un autre fléau : le télétravail

 Publié le : 21 Mar 2021  

Imposé un temps par la situation sanitaire et le confinement impromptu, force est de constater que les mois passant, les employeurs y trouvent certains bénéfices au point, régulièrement, et sous prétexte de la pandémie qui a bon dos, de l’utiliser de façon pérenne. Très souvent sans le moindre frais supplémentaire, cette forme de travail procure des économies substantielles : locaux, frais de déplacement, chauffage, administration, etc.

Pourtant, il faut le rappeler, la réglementation sur le télétravail* est relativement protectrice à l’égard des salariés. Il n’est possible qu’à la demande expresse de l’agent. Il ne peut être imposé par l’employeur que de manière ponctuelle et dans le cadre de mesures exceptionnelles comme la pandémie actuelle. L’employeur a l’obligation de prendre en charge les coûts découlant du télétravail et de les définir dans sa réponse à la demande de l’agent. Les agents exerçant en télétravail bénéficient des mêmes droits et obligations que ceux exerçant en présentiel.

La santé physique des élèves et des enseignants est souvent mise en avant. Mais quid de leur santé psychologique ? Nous sommes tous éprouvés. Faut-il rappeler que les employeurs sont responsables de la santé physique et mentale des salariés qu’ils emploient ? **

Les enseignants, en général, ont des pratiques pédagogiques très personnelles. Tout naturellement, ils ont tendance à considérer que la nouvelle forme de travail dans laquelle ils se sont plus ou moins bien inscrits, à leur initiative depuis un an, l’est tout autant. Pas du tout. Le ministère de la fonction publique précise *** que le télétravail est un sujet collectif, et même qu’il est un levier de transformation des modes de travail.

De forme exclusive lors du premier confinement, il est passé en mode mixte depuis le second : enseignement hebdomadaire en présentiel pour les enfants et à distance pour les autres. Certes, le service rendu au public est le moins pire possible dans de telles contraintes sanitaires. Mais le service public est globalement perdant avec une telle dégradation pédagogique : plus d’auditions ni de concerts, plus d’activités transversales, plus de projets. Quant à la surcharge de travail, même si elle est difficilement mesurable, elle est bien effective.

Les pratiques du chant et de la danse sont les plus touchées. Non seulement le présentiel est interdit, mais l’enseignement à distance de ces disciplines est l’un des moins efficient. Au-delà, il est certain que l’enseignement artistique en général c’est de l’organique, du son, du corporel, du geste, du charnel, du sensible, du relationnel. Hors circonstances exceptionnelles, et donc d’une durée limitée, on ne peut pas considérer cet enseignement comme éligible au télétravail de manière pérenne. Publics et professionnels, nous souhaitons tous la fin rapide de ces temps présents.

Certes, il ne faudra pas tout rejeter de cette période en terme de pédagogie. Des innovations, de la créativité, des remises en question salvatrices sont intervenues. D’ailleurs imaginer que ces mois se refermeront comme si de rien n’était, imaginer que le monde d’avant reviendra tel quel, croire qu’il n’y aura pas de suites ni de conséquences sur nos conditions de travail ultérieures : que d’illusions. Il est évident que l’environnement salarial va en être durablement altéré et qu’il faut dès à présent apprendre à se défendre des velléités managériales néfastes.

Le SNAM regroupe les musiciens et musiciennes quel que soit leur métier : interprètes et/ou enseignants, qu’ils relèvent de l’emploi permanent ou qu’ils soient intermittents du spectacle. Cette polyvalence permet de défendre les professionnels de la musique en tenant compte de tous les champs d’activité qu’ils rencontrent.

Paris, le 28 février 2021.

* Pour le secteur public, décret 2016-151 et pour le secteur privé, code du travail article L 1222-9, 10 et 11.
** Pour le secteur public, décret 85-603, article 2-1, secteur privé, code du travail article 4121-1 et suivants.
*** DGAFP – Télétravail et travail en présentiel, quelques repères pour adapter vos pratiques aux modes de travail mixtes.

Les dirigeants de la SPEDIDAM François NOWAK, Guillaume DAMERVAL et François LUBRANO démis de leurs fonctions par la justice avec effet immédiat

 Publié le : 11 Mar 2021  

A l’occasion du renouvellement d’un tiers des membres du Conseil d’Administration de la SPEDIDAM lors de l’Assemblée Générale de la société de juin 2018, la liste des candidats menant campagne contre la direction en place avait vu la victoire lui échapper suite à la mise à l’écart de plusieurs milliers de voix lors du dépouillement.
Ces candidats avaient saisi la justice contre cette manœuvre illégale, et la justice vient de leur donner raison aux termes d’un jugement du 8 mars 2021.
Le Président de la SPEDIDAM, François NOWAK, son Gérant Guillaume DAMERVAL, et les 6 autres élus (François LUBRANO, Roberta ROMANS, Emmanuel KATCHE, Eric SEVA, Claude CHAUVET et Michel VENTULA) à l’occasion de l’AG 2018 sont donc immédiatement démis de leurs fonctions. Les décisions qu’ils ont prises ces dernières années au nom de la société sont juridiquement remises en cause.
La pugnacité des candidats à qui la victoire a été volée en 2018 et le soutien que plusieurs syndicats d’artistes leur ont accordé ont permis cette victoire.
La société que les artistes interprètes se sont donnée depuis 1959 pour gérer leurs rémunérations et défendre leurs droits est extrêmement fragilisée. La situation est dramatique.
Bien entendu la totale responsabilité en revient aux personnes qui, à la tête de la SPEDIDAM, ont volé le résultat de l’élection en 2018. Les mêmes ont aussi faussé les résultats de l’élection en 2019 et en 2020 en interdisant certaines candidatures ou en écartant de nouveau des centaines de voix. Des recours en justice sont déjà en cours contre ces agissements.
Aujourd’hui, les accusations de «fraude électorale», de «manœuvres trompeuses» et de production de «faux» portées publiquement par la direction de la SPEDIDAM contre les candidats dont les voix ont été écartées ou contre les syndicats qui les soutenaient apparaissent pour ce qu’elles étaient : des mensonges de circonstance pour justifier les turpitudes du désormais ex-Président NOWAK et de ses soutiens – constitués de personnes qui tirent leurs revenus de leur activité à la SPEDIDAM depuis des années.
Mais ce n’est pas tout. La presse s’est déjà fait l’écho des emplois familiaux dont bénéficient les proches de l’ex-Président NOWAK. Celui-ci cumule par ailleurs des responsabilités dans 9 festivals percevant des centaines de milliers d’euros de subventions de la part de la SPEDIDAM.
Depuis des années l’ex-Président NOWAK et ses alliés ont mené une campagne de dénigrement et d’acharnement judiciaire contre Jean-Paul BAZIN et Martine DEGIOANNI visant à salir ces derniers pour empêcher qu’ils n’accèdent au Conseil d’Administration de la SPEDIDAM. Ces derniers mois, parallèlement à la procédure concernant les élections de 2018, l’ensemble des procès initiés par la direction de la SPEDIDAM a été perdu par celle-ci et l’ensemble des plaintes a été classé sans suite par la justice.
Enfin, l’incurie des dirigeants aujourd’hui écartés a abouti à ce qu’une répartition de 37M€ soit réalisée en novembre 2019 par la SPEDIDAM sans qu’aucune information ne soit transmise aux bénéficiaires.
Nous appelons les artistes à la mobilisation lors des futures élections au Conseil d’Administration de la SPEDIDAM qui vont nécessairement intervenir très prochainement.
Nous demandons immédiatement à la Commission de Contrôle des Organismes de Gestion des Droits d’Auteur et des Droits Voisins siégeant auprès de la Cour des Comptes et au Ministère de la culture d’assumer leurs responsabilités en veillant à ce que la décision de justice rendue le 8 mars 2021 soit scrupuleusement exécutée et les intérêts des artistes préservés.
Paris, le 11 mars 2021
Contact presse :
 
Pour le Snam-CGT : 
Philippe Gautier – 06 76 79 53 15 – philippe.gautier@snam-cgt.org 
Pour le Snm-FO : 
Jean-Luc BERNARD – 06 18 00 16 21 – jlbernard.fo@gmail.com
Pour l’Astrada :
Jean-Paul BAZIN – 06 71 87 67 01 – jeanpaulbazin@gmail.com

 

 

 

C’est avec stupéfaction que nous apprenons la décision de Madame Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la culture de la ville de Lyon, de baisser la subvention de l’opéra de Lyon.
Alors que le budget 2021 avait été validé avec les autres partenaires publics lors de l’Assemblée Générale en décembre 2020, elle décide unilatéralement et sans concertation avec la direction de l’opéra de Lyon, de baisser la subvention de la ville de 500 000 euros.

Cette décision tombe au plus mauvais moment et va fragiliser encore un peu plus cette institution qui traverse une période incertaine en raison de l’arrêt des spectacles depuis un an.

Au regard du montant total du budget de l’opéra, cette baisse peut paraître dérisoire mais constitue en réalité un mauvais coup porté à la création et à l’emploi. En effet, 500 000 euros représentent le coup moyen d’une production d’opéra, ce qui aura des conséquences sur l’emploi des artistes et des techniciens intermittents, notamment les plus précaires. L’essentiel du budget étant dédié à la masse salariale des salariés permanents et intermittents, c’est par conséquent au budget artistique et à la création que la ville de Lyon s’attaque en privant les spectateurs d’un certain nombre de concerts et de spectacles lyriques et chorégraphiques et en privant les artistes et les techniciens, très fragilisés par la crise actuelle, de contrats de travail et de source de revenus.

Mme Perrin-Gibert justifie cette baisse pour favoriser l’émergence artistique et la création, c’est mal connaître les activités et la programmation de l’opéra de Lyon. En effet, l’opéra de Lyon a su s’adapter aux attentes de tous les publics, jeunes et moins jeunes, en proposant dans la programmation de la grande salle et de l’amphi, tous les styles de musique et chorégraphiques et en engageant des artistes émergents locaux et régionaux.

C’est aussi mal connaître son ancrage dans la cité alors que l’opéra de Lyon développe des actions culturelles et pédagogiques notamment en direction du jeune public et des publics fragilisés économiquement et socialement.

Mme Perrin-Gibert justifie par ailleurs sa décision par le soutien à l’émergence de la création dans le cinéma. Il est pour le moins inique de vouloir opposer des formes d’art différentes, le spectacle vivant et le cinéma souffrant tous les deux de la fermeture des salles, ces deux secteurs ont chacun besoin d’un soutien indéfectible de la puissance publique.

Nous avons du mal à croire que le Maire de Lyon, à peine élu, puisse prendre une telle décision lourde de conséquences au détriment du rayonnement des arts et de la culture, alors que l’ancienne municipalité avait déjà supprimé certaines dotations à l’opéra de Lyon, le privant de ressources importantes.

Nous espérons que la ville de Lyon saura revenir sur cette décision incompréhensible en ces moments difficiles où la culture et ses personnels ont besoin d’un soutien sans faille.


L’Artiste Enseignant n° 77

 Publié le : 2 Mar 2021  

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