Lettre d’information # 12 du SNAM-CGT (juin 2020)
Publié le : 9 Juin 2020
Publié le : 9 Juin 2020
Publié le : 8 Juin 2020

Publié le : 5 Juin 2020
Le 16 mars dernier, Emmanuel Macron assurait que « personne ne resterait sur le bord de la route » malgré la crise du COVID.
Le 6 mai, Emmanuel Macron répondait, sous une forme hallucinante, à la mobilisation massive des professionnel-le-s du spectacle, par des annonces à venir pour la culture, non suivies de mesures concrètes.
Dans la foulée, Franck Riester promettait entre autres que les mesures « pour le régime d’assurance chômage seront discutées avec les organisations professionnelles et syndicales et l’Unedic » (Lettre du Spectacle 29 mai 2020). Muriel Pénicaud avait déjà promis le 26 avril une discussion au régime général.
La CGT spectacle revendique, unitairement avec beaucoup d’autres d’organisations, une traduction concrète de
ces annonces :
Nous n’avons toujours pas vu de mesures concrètes d’un plan de relance pour la culture. Ce vaste plan est absolument nécessaire pour ne pas voir disparaître des milliers de structures, donc des millions de contrats de travail, dans le public ou le privé, permanents ou intermittents, ou autant de contrats d’autrices et d’auteurs. Il est tout autant nécessaire pour préserver et relancer la diversité des expressions artistiques et culturelles, au service de tous les publics.
Concernant l’assurance chômage, de façon générale, la réunion du 4 juin à l’Elysée invite à une discussion avant mi-juin sur le régime général … mais la petite prolongation des droits s’est déjà arrêtée fin mai ! C’est une catastrophe pour des millions de travailleurs précaires, dont nos collègues qui devaient travailler sur les événements tels que les festivals annulés.
Ce vendredi 5 juin au matin, nous nous sommes connectés à la réunion convoquée la veille au soir par le ministère de la culture pour nous présenter le projet de décret « intermittents du spectacle ». La discussion a eu lieu oralement et les textes nous sont parvenus après la réunion ! (cf. les textes)
En l’état des discussions, nous constatons que nos mobilisations ont commencé à porter leurs fruits avec la prolongation des droits mais les « arbitrages » ne sont pas à la hauteur de nos revendications, et laisseraient beaucoup de monde « sur le bord de la route » :
– Le flou persiste sur la façon dont s’applique la prolongation des droits jusqu’au 31 août 2021 et sur le mode de calcul des allocations, qui pourraient baisser ;
– Rien n’est prévu pour les entrants, empêchés de réouvrir ou ouvrir leurs premiers droits par la période d’interdiction de travailler : un sacrifice inacceptable des jeunes (entre autres) !
– Rien de prévu pour les femmes revenant de congé maternité ou les personnes sortant de congé maladie longue durée : un scandale pour l’égalité des droits et des économies faites sur le dos des plus fragiles !
– Rien de prévu pour l’adaptation des franchises, traitées avec mépris par le ministère du Travail.
Ces textes ne sont pas définitifs. Nous avons besoin que les organisations représentatives soient respectées et entendues, nous avons besoin de nous projeter dans l’avenir, d’avoir des éléments concrets concernant la relance dans nos secteurs, d’un texte adapté aux particularités d’exercice de nos métiers, qui ne laisse pas les plus fragiles sur le bord de la route, nous avons besoin d’être entendus !
Samedi 6 juin à midi, nous appelons tous les professionnel.le.s du spectacle et de l’audiovisuel à manifester.
Chevauchons le tigre pour obtenir des mesures concrètes !
Retrouvez les rendez-vous à Paris, en région, sur notre site, rapprochez-vous de vos syndicats et des UD.
Les professionnel-le-s sont les mieux placé-e-s pour parler de notre travail, de nos besoins pour survivre à cette crise : nous ne voulons pas d’aumône mais des droits, Nous Voulons Vivre De Nos Métiers !
Paris, le 05 juin 2020
Publié le : 2 Juin 2020
Le ministère de la culture a rassemblé aujourd’hui pour la première fois le bureau du Conseil National des Professions du Spectacle en présence de médecins issus du Centre Médical de la Bourse (CMB – organisme de médecine du travail du secteur du spectacle) lors d’une réunion consacrée à la reprise de l’activité dans le secteur musical.
Un projet de document contenant des préconisations à l’usage des professionnels alliant problématiques d’accueil du public et de santé au travail a été discuté par les participants. Ce document a vocation à être rapidement finalisé puis diffusé.
En ce qui concerne la pratique instrumentale en ensemble, le contenu du document sera complété par les médecins qui entendent notamment s’appuyer sur les conclusions de plusieurs études étrangères. S’agissant tout particulièrement des instruments à vent ou des chœurs, les connaissances sont encore sujettes à débat. Ce travail devra aboutir à des préconisations d’ici une dizaine de jours selon les médecins du CMB qui en sont chargés.
Parallèlement l’organisation d’employeurs qui regroupe les ensembles et les maisons d’opéra, Les Forces Musicales, annonce aujourd’hui travailler à une étude en collaboration avec la chambre syndicale de la facture instrumentale.
Pourtant, sans attendre les conclusions de tous ces travaux, on annonce ici et là avoir repris le travail et certains concerts se tiennent déjà.
Nous appelons les représentants du personnel à la plus grande prudence lorsqu’ils sont consultés par leurs directions sur la reprise immédiate du travail. Lorsque les études seront publiées, au sein des CSE et des CHSCT, lorsqu’ils seront consultés, il appartiendra aux élus du personnel, en collaboration avec les médecins du travail sur place, de décliner au cas par cas les préconisations nationales en fonction des lieux de travail.
Les représentants des artistes, dont la mission commande prudence et vigilance, ne sauraient être tenus pour responsables des retards dans la reprise du travail. La responsabilité en revient au ministère de la culture qui a tardé à réunir simultanément organisations syndicales d’artistes, organisations professionnelles de la musique et médecins spécialistes.
Le SNAM-CGT et ses implantations syndicales partout en France se tiennent à la disposition des musiciennes et musiciens qui se trouveraient en difficulté face à leur employeur à propos des conditions dans lesquelles ils reprennent le travail.
Quelques jours de décalage pour la reprise de l’activité sont moins néfastes au secteur musical que la perte de confiance du public qu’entrainerait la propagation de la maladie lors d’un concert.
Paris, le 29 mai 2020
Publié le : 1 Juin 2020
Si l’amendement voté le 28 mai au Sénat donne les clés au gouvernement pour prolonger les droits pour les intermittent·e·s du spectacle et de l’audiovisuel, nous constatons une différence de taille avec la version présentée initialement, dans laquelle cette possibilité était ouverte pour l’ensemble des chômeur·se·s – en permettant de légiférer différemment selon les régimes.
Or l’amendement final revient en arrière sur l’ordonnance du 25 mars, en fixant définitivement la limite de la prolongation pour tous les régimes, à l’exception des annexes 8 et 10 et de Mayotte, au 31 mai 2020.
Le gouvernement agit comme si la crise sociale, en dehors des secteurs du spectacle et de l’audiovisuel, avait déjà pris fin ! Alors que le chômage a bondi (+22% en catégorie A), c’est une gigantesque catastrophe sociale qui s’annonce car des milliers de chômeur·se·s vont dès le 1er juin se retrouver au RSA.
De plus en agissant ainsi les parlementaires jouent la division en accentuant l’idée reçue que les intermittent·e·s, qui ne réclament que réparation du préjudice d’être empêché·e·s de travailler, seraient des privilégié·e·s tant les autres précaires sont condamné·e·s à se serrer la ceinture.
Ce mépris de la réalité sociale du pays et des conséquences dramatiques de la situation de confinement est inacceptable. Nous exigeons que des mesures de prolongation soient étudiées pour l’ensemble des chômeur·se·s du régime
général, des intérimaires et des saisonniers, en concertation avec les organisations syndicales.
Nous exigeons également l’annulation de la réforme du 26 juillet 2019, dont le 2nd volet est toujours programmé pour le 1er septembre, et dont les conséquences pour les travailleur·se·s précaires, condamné·e·s à recevoir des allocations de misère dans le meilleur des cas, sont dramatiques.