INTERMITTENTS DU SPECTACLE : EXIGEONS DES MESURES DE LONG TERME POUR L’ASSURANCE-CHOMAGE !

 Publié le : 28 Avr 2020  

Communiqué de la CGT Spectacle

La crise est sanitaire et désormais sociale. Le chômage explose, ce qui exige un changement de cap du gouvernement sur la protection sociale, en particulier sur l’assurance chômage. La ministre du travail annonce une discussion sur ce sujet : il est urgent de tout revoir, d’abandonner les mesures durcissant les règles du régime général depuis le 1er novembre 2019 et celles qui doivent entrer en vigueur le 1er septembre.

Dans le spectacle vivant, le cinéma et l’audiovisuel, tout est à l’arrêt depuis mars et pour une période longue.

Il est indispensable que solidairement avec toutes les personnes précaires et/ou au chômage, nous obtenions une prolongation des droits de toute la période d’impossibilité à travailler normalement, allongée d’un an, pour faire face à la crise et permettre le redémarrage du secteur. Nous publions nos propositions aujourd’hui.

Ces propositions détaillées participent d’un plan de sauvetage et de relance de nos secteurs qui exige :
• Respect des contrats prévus ou, selon les cas, l’application de l’activité partielle ;
• Adaptation des droits sociaux (assurance chômage comme accès aux congés maternité et maladie) ;
• Soutien aux professionnel-le-s sans oublier les entrants ;
• Relance de l’activité par le soutien pérenne à l’emploi, et aux revenus des autrices et auteurs ;
• Mise en place d’une concertation sur les conditions sanitaires de la reprise associant les organisations représentatives du secteur, les pouvoirs publics et les organismes professionnels (Audiens, CMB, AFDAS…) et nos CHSCT de branches…

Ensemble nous pouvons gagner, pour empêcher que les secteurs culturels ne disparaissent avec la crise et pour les professionnel-le-s vivent à nouveau de leur métier !

Paris, le 27/04/2020

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LE DETAIL DE NOS PROPOSITIONS EST ICI 

RÉOUVERTURE des conservatoires le 11 MAI, UN RISQUE NATIONAL

 Publié le : 22 Avr 2020  

Les conséquences de cet effet d’annonce, la réouverture au public des établissements d’enseignement, notamment artistique, pourraient être dramatiques. Même progressive et adaptée, cette rentrée inédite, pour une période de huit semaines seulement, est porteuse de multiples dangers. Des questions de sécurité sanitaire se poseront partout et tout le temps. La santé des agents et du public sera-t-elle sacrifiée sur l’autel de l’économie ? Notre travail passionnant de transmission d’un patrimoine musical et d’ouverture aux arts prendra une tournure de chasse au virus obsessionnelle.

L’autorité monarchique d’en haut, et son gouvernement, en prenant cette décision de manière autoritaire, précipitent les élus locaux, les présidents d’associations et les agents dans sa mise en œuvre autochtone et chaotique. Ceux d’en bas devront en assurer le service après-vente.

Pour le secteur public, les dispositions réglementaires sur l’hygiène et la sécurité au travail, décret 85-603, sont particulièrement claires :


« Les locaux et installations de service doivent être aménagés, les équipements doivent être réalisés et maintenus de manière à garantir la sécurité des agents et des usagers. Les locaux doivent être tenus dans un état constant de propreté et présenter les conditions d’hygiène et de sécurité nécessaires à la santé des personnes. »

« Les autorités territoriales sont chargées de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité. »

Les collectivités locales n’ayant toujours pas été dotées de baguette magique, il est évident que dans un conservatoire où tout le monde parle et surtout chante, dans une salle de piano ou de trompette, de formation musicale, de chant, lorsqu’un élève sera passé, il faudra prévoir un long moment de nettoyage avant de pouvoir accueillir l’élève suivant. La pratique de la danse transportera son lot de contraintes : sera-t-il interdit de transpirer ? Certains maires eux-mêmes, responsables, commencent à réagir et envisagent avec sagesse une réouverture pas avant septembre. Déjà que le travail sera considérable pour rouvrir les écoles maternelles et primaires, gérer en plus l’ouverture du conservatoire sera une gageure véritablement périlleuse.

Le droit de retrait va de nouveau se poser, et massivement cette fois. La Direction Générale de l’Administration et de la Fonction Publique a déjà rappelé qu’il était « essentiel que les employeurs puissent répondre à toute question sur le sujet et fournir en temps utile une information qui permettra aux agents de ne mobiliser le droit de retrait que dans les cas qui le justifieraient réellement ». Ce droit à l’information préalable, auquel nous encourageons largement chaque agent à se prémunir, mobilisera des moyens considérables tout en soulevant des problèmes cornéliens à foison.

« Progressivement » nous dit-on. Derrière cet adage de prudence, les discriminations ne sont pas loin. Quels publics seront accueillis dans un premier temps et quels autres ne seront pas les bienvenus ? Quelles disciplines seront rouvertes alors que d’autres resteront interdites ? Déjà que les fractures sociales ont été largement soulignées en ces temps de confinement, de nouvelles ruptures d’équités seront cette fois-ci publiquement instaurées. Et c’est nous, enseignants artistiques, au contact direct avec les usagers, qui devrons faire respecter les nouvelles règles et endosser ainsi le costume du gendarme culturel.

Nous ne sommes pas dupes. Cette mesure est purement économique. Et c’est la santé de tous qui est mise en jeu pour que puissent reprendre au plus vite les logiques capitalistes toujours portées par ce gouvernement.

La CGT et ses syndicats se dresseront sans hésiter lorsque des situations dangereuses, forcément nombreuses, apparaitront, les dénonceront, les combattront. Attentifs ensemble, dans l’action collective.

Paris, le 21 avril 2020

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communiqué intersyndical 

Les organisateurs de spectacle dont ce n’est pas l’activité principale déclarent les salaires des artistes et techniciens qu’ils engagent auprès du GUSO (Guichet Unique du Spectacle Occasionnel). Il s’agit d’une grande partie du monde associatif, des particuliers qui organisent des festivités familiales ou des entreprises du secteur touristique par exemple. Ces spectacles, majoritairement musicaux, génèrent une masse salariale cumulée de 150M€ par an et, représentent donc une part importante des revenus de dizaines de milliers d’artistes et de milliers de techniciens.

Alors que nos organisations demandaient depuis près d’un mois la tenue d’une réunion d’urgence sur l’adaptation du dispositif d’Activité Partielle à ce secteur, une réunion du Comité de Pilotage du GUSO s’est réunie le lundi 20 avril. Elle a mis en lumière que les différents services de l’Etat n’avaient pris aucune mesure pour que les employeurs dont les spectacles ont tous été annulés puissent verser aux artistes et aux techniciens concernés les indemnités d’activité partielle. Cela a pourtant été ouvert à plus de 8 millions de salariés en France.

Qui sommes-nous pour ne pas avoir droit à ce qui bénéficie à tous les salariés ?

Organisateurs de spectacles et salariés sont aujourd’hui dans l’incapacité de réaliser les formalités auprès des services compétents. En plus de la perte de revenu, ce sont des heures qui ne seront pas comptabilisées pour d’éventuelles ouvertures de droits à l’assurance chômage.

Nous conseillons aux professionnels concernés de n’inscrire sur leurs Déclarations Mensuelles de Situation pour mars (dont la correction est possible jusqu’au 30 avril) que les périodes pour lesquels les employeurs leur ont fourni des justificatifs et de signaler à Pôle Emploi par courrier séparé leurs contrats annulés mais non indemnisés.

Plus que jamais leur mobilisation est primordiale pour la prise en compte de leurs intérêts.

Nous les appelons notamment à signer les pétitions pour l’adaptation temporaire du régime d’indemnisation chômage des intermittents du spectacle à la situation de crise.

Contacts Presse :

  • CGT Spectacle : Philippe GAUTIER 06 76 79 53 15
  • SNAPAC CFDT : Jean GARCIA 06 22 89 82 07
  • SNM FO : Jean-Luc BERNARD 06 18 00 16 21
  • FCCS CGC : Pascal LOUET 06 81 69 57 14

Paris, le 21 avril 2020.

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