FRANCK RIESTER NOUVEAU MINISTRE DE LA CULTURE : POUR QUELLE POLITIQUE ?

 Publié le : 18 Oct 2018  

(communiqué commun CGT Spectacle)

Françoise Nyssen a été remerciée à l’occasion du dernier remaniement, avec un bilan plus que mitigé : un assèchement de l’audiovisuel public piloté par l’Elysée, un projet de Pass culture qui n’a pas trouvé ses financements et qui de toute façon ne répond pas aux besoins de démocratisation culturelle, l’annonce de la création d’un Centre National de la Musique sans lui créer de financement propre dans le Projet de loi de finances, un projet « Culture près de chez vous » qui ignore le travail des professionnel.e.s sur le terrain, un projet de réforme des aides aux équipes artistiques visant à « rationaliser » les tournées, la faiblesse du budget, une ligne politique opposant l’action culturelle à la création artistique. Quant à la grande promesse sur l’éducation artistique, seule une très faible minorité des 12 millions d’enfants et d’adolescents scolarisés en bénéficie. N’oublions pas la gestion calamiteuse des droits sociaux des artistes-auteurs, un silence assourdissant au sujet des droits à la formation professionnelle des salarié.e.s, auteur.e.s de nos secteurs, le mépris total des organisations syndicales à l’occasion de l’organisation de pseudo concertations…. la liste est longue et non exhaustive.

Au regard de son parcours politique, Franck Riester semble, quant à lui, bien connaître certains dossiers, dont celui de l’audiovisuel. Mais il arrive à la tête d’un ministère très affaibli et dans un cadre politique dont la continuité a été réaffirmée par le Président de la République. C’est la même politique gestionnaire, visant économies et rationalisation qui sera à l’œuvre et nous ignorons par ailleurs quelle est sa vision d’ensemble de la mission « Culture ».

Quelle sera la politique culturelle si l’Etat s’engage dans une délégation de compétences des DRAC vers les Régions en matière de création ou d’industries culturelles, comme le suggère une circulaire de Matignon aux Préfets ? En interne, l’administration du ministère sera-t-elle enfin opérationnelle et les nominations deviendront-elles effectives, à la direction des administrations comme la Direction Générale de la Création Artistique ?

Quel service public de l’audiovisuel le ministre entend-il promouvoir dans le cadre de la réforme, avec quels moyens et avec quelle autonomie par rapport à la centralisation élyséenne ?

Quel avenir pour le Centre National de la Musique ?

Quels moyens pour cette politique avec un budget en baisse au regard de l’inflation ? Comment sera financé, à périmètre budgétaire constant, le Pass Culture, quelle sera la contrepartie des engagements des banques dont la BNP dans le projet, et comment seront garanties les protections des données des jeunes ? Va-t-on continuer la marchandisation à l’œuvre à travers ce Pass, et d’autres mesures qui gomment les frontières entre le secteur privé et le public ?

Le nouveau ministre compte-t-il proposer au Parlement une loi mettant en place des dispositifs anti-concentration, afin de préserver la diversité artistique? Quelles mesures pour permettre de continuer à développer une politique culturelle de proximité au service et avec toutes et tous ?

S’engage-t-il à agir pour soutenir la version du Parlement européen concernant la Directive droits d’auteurs ?

Enfin, le ministre va-t-il défendre les professionnel.le.s, leurs emplois et leurs droits sociaux, en matière de formation professionnelle, d’assurance-chômage ou de retraite ?

Le ministre a un grand nombre de chantiers devant lui. Aura-t-il la volonté et les moyens pour redonner du sens et du souffle aux politiques publiques pour la culture ? La Cgt Spectacle ne manquera pas de lui faire entendre son attachement à une véritable politique publique de la culture et lui faire connaitre ses revendications.

Paris, 18 octobre 2018

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CNM : NON AU PASSAGE EN FORCE, OUI A LA CONCERTATION !

 Publié le : 13 Oct 2018  

(communiqué commun  CGT Spectacle)

Le rapport «Création musicale et diversité à l’heure numérique» qui vient d’être publié a déjà suscité de nombreux articles de presse et diverses prises de positions. Nicolas Sarkozy a, sans attendre, souhaité que le Centre National de la Musique (CNM) puisse démarrer son activité dès 2012. A cet effet, il vient d’indiquer que la mission de préfiguration sera lancée avant la fin du mois d’octobre.

La Fédération CGT du Spectacle et ses syndicats – dont le Snam, le Sfa et le Synptac – s’opposent avec la plus grande vigueur tant à la méthode du passage en force qu’à l’absence totale de concertation sur la création de cet établissement public. En effet, si nous ne sommes pas a priori hostiles à la création d’un CNM comme en atteste les contributions de nos syndicats d’artistes – Snam et Sfa – à la mission «Selles, Chamfort, Colling, Thonon, Riester», nous estimons que la succession d’auditions d’une heure ne peut faire office d’une réelle concertation avec les organisations professionnelles. Le sujet traité par la mission est pourtant suffisamment important pour que la concertation ait lieu, parce que la création du CNM entraînerait la disparition du Fonds pour la Création Musicale, des centres ressources et du Centre National des Variétés (CNV).
Ce rapport nous inspire les quatre réflexions suivantes :

Sur la gouvernance

Depuis des années la vitalité des organismes de soutien, dont le CNV, repose sur l’administration partagée, dans sa gouvernance. C’est bien par exemple un CNV au service de nos professions et administré par nos professions, avec l’État et les collectivités territoriales et en bonne collaboration avec l’administration, qui a permis de construire des dispositifs de soutien pertinents, en permanence analysés et rediscutés, notamment au comité des programmes, dans les commissions et au CA.
Rappelons, dans le même esprit, le rôle de la concertation, du travail en commun, notamment au sein du Conseil National des Professions du Spectacle (dont le décret n’est pas respecté et dont la séance plénière est devenue optionnelle), qui a pourtant permis à contribuer à la mise en oeuvre de la réforme de l’Ordonnance de 45, la mise en place du GUSO ou encore aux « Entretiens de Valois » dont le ministre se gargarise…
La récréation est sifflée. Exit les organisations professionnelles. Demain toute décision (choix des programmes, choix de la répartition des sommes affectées aux différents programmes ou dispositifs) sera concentrée entre les seules mains de l’État. Toute décision d’attribution des aides sera le fait du seul Président du CNM et d’un Conseil d’Administration à ses ordres.
C’est de fait l’abandon de pratiques qui ont pourtant fait preuve de leur efficacité. Ce rapport, qui se propose de défendre la diversité artistique, la diversité des modèles économiques dans la filière musicale, se contredit totalement en excluant les organisations professionnelles.

Sur les moyens

Il est proposé d’affecter une part de la taxe sur les services de télévision acquittés par les Fournisseurs d’accès Internet (FAI) au profit de la mise en place du CNM pour un budget total qui serait de l’ordre de 145 Millions d’Euros. Peut-on sérieusement penser que cela pourrait se réaliser sans la moindre concertation avec les organisations professionnelles du cinéma et de l’audiovisuel ?
De surcroit, cette taxe transiterait par les caisses de l’État qui, selon nos informations, veut faire main basse sur 70 millions d’Euros d’«excédents» du CNC et 50 millions d’Euros de France Télévisions, alors que ces sommes disponibles justifieraient pleinement que s’engage une réflexion sur les missions et les financements de deux établissements éminents qui ne semblent être considérés par Bercy que comme de vulgaires mallettes à billets.

Sur la cohérence avec l’autre mission ministérielle sur le « financement du spectacle vivant »

Celle-ci vient à peine de commencer ses travaux. Force est de constater que l’Etat n’a jamais clairement explicité les rapports entre un fonds de financements qu’il qualifie « d’externes » et le service public de la culture, ses missions, ainsi que le financement public des responsabilités tant de l’Etat que des collectivités territoriales.
Il n’est pas question pour nous d’accompagner dans les dispositifs décrits par la mission sur la filière musique, une remise en cause du service public et un désengagement financier de l’Etat.
Sans être hostiles à la mise en oeuvre de programmes destinés à soutenir en particulier la diffusion et l’emploi, nous ne pouvons que constater que la question du financement du spectacle vivant (théâtre, danse, musique savante, arts de la rue, cirque, mime, marionnettistes…) reste entière.

Sur la répartition des aides

Dans le rapport proposant la création du CNM tout est déjà bouclé: répartition des sommes, droits de tirage et aides sélectives, diversité des programmes, fonctionnement, et ce sur la base d’analyses et de chiffres qui sont contestables. Par exemple, sur la question des formations artistiques, le parti pris du rapport de ne tenir compte que du Studio des Variétés et du Fair, au-delà du travail excellent qu’ils réalisent, est particulièrement ridicule. En effet, le rapport omet d’évoquer le travail des conservatoires, des réseaux d’écoles, des centres de formation sur tout le territoire national et ignore superbement le rôle de l’AFDAS et des CPNEF.
Nous ne sommes absolument pas convaincus que la répartition des sommes et des aides telles qu’avancées par la mission favoriserait la diversité, l’emploi et la structuration professionnelle. Enfin, si nous savons ce qui disparaîtrait (le CNV et d’autres organismes), l’avenir que l’on nous promet, convenons en, est à tout le moins incertain, sinon périlleux.
Face à ce passage en force, la Fédération CGT du Spectacle et ses syndicats demandent la convocation d’urgence du CNPS en séance plénière et dans cette attente de surseoir à toute communication sur la création du CNM.

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Une victoire de plus pour la Branche Nationale de l’Enseignement du SNAM-CGT

 Publié le : 1 Oct 2018  

Une victoire de plus pour la Branche nationale de l’enseignement du SNAM-CGT

La branche nationale de l’enseignement du SNAM-CGT travaille sans relâche à l’amélioration des conditions de travail dans la filière de l’enseignement artistique. Après avoir obtenu le relèvement des niveaux de certification du DE et du CA, désormais inscrits au niveau II et I du Répertoire National des Certifications Professionnelles, notre syndicat a décidé de s’attaquer à la revalorisation de toute la filière. Nous avons travaillé en intersyndicale notamment avec le SPeDIC (Syndicat des personnels de direction des conservatoires) au passage en catégorie A des assistants artistiques (puisque le DE est désormais au niveau licence) dans la Fonction Publique Territoriale, à l’augmentation du traitement des Professeurs d’Enseignement Artistique avec larevalorisation de leur grille indiciaire en équivalence avec les corps de l’Etat, et à une nouvelle grille pour les directeurs avec la création d’un troisième grade en partenariat avec le Ministère de Culture.

Nos collègues Dumistes ne sont pas oubliés puisque que nous avons demandé pour eux la création d’un cadre d’emploi de professeur. La précarité et la non organisation régulière des concours ont été également pour nous un grand sujet de préoccupation. Nous avions d’ailleurs lors des derniers concours d’assistant d’enseignement artistique en 2018 déposé plusieurs recours qui ont conduit à l’augmentation d’un certain nombre de places à ces concours et avions été avec le SPeDIC les seuls syndicats reçus par le président des centres de gestion afin de protester sur la modalité d’organisation de ces concours.

Ces propositions ont fait partie des préconisations présentées dans le rapport sur l’enseignement artistique présenté en séance le 26 septembre 2018 au Conseil national supérieur de la fonction publique territoriale (CNSFPT). Ce rapport a été voté à l’unanimité au cours de cette séance ce qui est une victoire pour toute cette filière largement sinistrée depuis des années. La mobilisation syndicale est le seul moyen d’obtenir des résultats dans ces commissions paritaires, puisque seuls les syndicats siègent légalement lors de ces séances en face des employeurs et du gouvernement. C’est donc grâce à notre pugnacité syndicale que nous avons obtenu ce résultat et que, dans un futur que nous espérons le plus proche possible, le gouvernement suivra les préconisations de ce rapport.

Paris, le 1er octobre 2018

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